QUAND LES CRÉTINS XXL SE DÉCHAINENT

 

 

 

 

 

Mes amis,

 

Un fléau frappe l’humanité dans son ensemble. Cette calamité a touché nos prédécesseurs, elle nous marque quotidiennement, et rien ne permet de penser que nos descendants seront épargnés. Ce drame est malheureusement de tous temps et de tous lieux. Hommes ou femmes, jeunes ou vieux, d’Orient ou d’Occident, nous sommes tous confrontés à la plus grande calamité touchant l’espèce humaine.

La stupidité.

La stupidité, la bêtise, l’idiotie, la sottise, l’ânerie, la niaiserie, l'ineptie, l’imbécillité, bref,… la connerie sous ses formes les plus variées.

Le poète allemand Schiller a dit « Contre la stupidité, les dieux eux-mêmes luttent en vain ». Il a eu raison. Les dieux les plus combatifs ont à l’évidence baissé les bras depuis bien longtemps.

Il va sans dire que je ne m’exclus nullement de la vaste communauté des crétins momentanés, des idiots temporaires, des dadais passagers, voire des cons provisoires. J’espère seulement, dans ce domaine, n'être ni excessif, ni permanent.

 

Mais revenons à nos amis, nos frères, nos semblables à peu de choses près. Intéressons-nous aux crétins magnifiques, aux imbéciles grandioses, aux idiots sublimes, aux cons intégraux. Attardons-nous sur ceux qui, ayant perdu toute mesure, ont risqué et souvent perdu leur vie par pure bêtise. On sait que l’instinct de conservation nous permet d’éviter les actions les plus dangereuses pour nous-mêmes, les actes de folie les plus dommageables à notre santé ou à notre survie. Mais ceci n’est pas vrai pour tout le monde. Plutôt que de me lancer dans une analyse psychologique ou philosophique dont je ne suis pas capable, je vous donnerai quelques exemples de ce que l’esprit humain est capable de concevoir, de ce que des têtes malades peuvent imaginer, de ce que des cerveaux déficients peuvent inventer. Ainsi que des conséquences qui en ont découlé.

Michel Audiard a fort justement écrit « Les cons, ça ose tout ; c’est même à ça qu’on les reconnaît » On verra dans les exemples qui suivent à quel point il avait raison.

Il est à noter que la quasi-totalité des protagonistes de ces faits-divers authentiques a reçu un prix fort mérité. Il s’agit du prix Darwin, ainsi nommé en hommage au père de l’évolution. Je rappelle aux distraits, aux oublieux ou à ceux qui ont quitté l'école vers 12 ans que la théorie darwinienne de l'évolution stipule qu'au sein d'une espèce donnée, seuls les plus forts ou les plus intelligents survivent. A contrario, les faibles de constitution ou d'esprit disparaissent rapidement, ne se reproduisent pas, et leurs gênes ne viennent donc pas augmenter le patrimoine génétique commun. Le prix Darwin, donc. Il est décerné à titre posthume aux individus qui ont eu la gentillesse d’améliorer le patrimoine génétique de l’humanité en supprimant eux-mêmes leurs propres gênes de ce patrimoine par une mort la plus stupide qui soit. La devise des lauréats de ce prix pourrait être « Je ne pense pas, donc je ne suis plus ».

 

Florilège 100% authentique.

 

. Un sergent de l’armée américaine installe un moteur de fusée sur sa voiture, place un bouton ON sur son tableau de bord, mais pas de bouton OFF. Il réalise son rêve, rouler très vite, mais ne savoure que brièvement son exploit. Il s’écrase à plus de 300 km / heure contre une falaise…

 

. Trois génies, armés de simples couteaux, tentent de cambrioler… un abattoir rempli de bouchers surdimensionnés maniant avec dextérité tranchoirs, couteaux, couperets et hachoirs. Résultat du match ?  2 morts à zéro en faveur des bouchers…

 

. En Juin 2003, sur un chantier de construction en Inde, un voleur tente de dérober des entretoises métalliques. Ces entretoises supportent une dalle de béton. Il ne volera plus personne.

 

. Fin 1989, en Australie. Un  professeur de Kung-Fu annonce à sa classe « Maintenant que vous avez atteint ce niveau, vous pourriez tuer des animaux sauvages à mains nues » Un professeur, ça sait ce que ça dit, n’est-ce pas ? Un des étudiants le croit sur parole. Il se rend au zoo de Melbourne et choisit l’animal lui paraissant le plus sauvage, le lion. La nuit tombée, il pénètre discrètement dans l’enclos réservé au roi des animaux. A un contre un, il aurait déjà eu peu de chances, mais contre plusieurs... S’ils l’avaient pu, les lions auraient remercié le professeur de Kung-Fu pour cet excellent et inattendu repas.

 

. Janvier 2003 au Brésil. Manoel Messias Batista Coelho est employé par une société de transport d’hydrocarbures. Sa tâche est simple. Une fois les camions-citernes vidés, il doit les remplir d’eau afin d’en évacuer les vapeurs d’essence. Un soir qu’il accomplit son travail, il lui vient un doute. La citerne qu’il remplit d’eau est-elle enfin pleine ? Il fait sombre, il ne voit pas bien. Il passe la tête par l’ouverture,… puis allume son briquet. Durant les dernières secondes de sa vie, pendant le vol plané qu’il effectue suite à l’explosion, il trouve la réponse à sa question. Non, Manoel, la citerne n’était pas complètement remplie.

 

. Ken Charles Barger a 47 ans. Il dort tranquillement à son domicile, lorsque le téléphone le réveille brutalement au beau milieu de la nuit. Quelques secondes plus tard Ken Charles Barger est mort. Pensant attraper le combiné, il a empoigné son Smith & Wesson 38 Spécial, et s’est tiré une balle dans l'oreille.

 

. Février 1990, dans la paisible ville de Renton, état de Washington. Un homme tente un cambriolage. C'est probablement sa première tentative. C'est également son dernier essai, car sa courte carrière est stoppée par une balle mortelle. Que s’est-il passé ? On peut parler de choix discutables dans l’élaboration puis la mise en œuvre de ce projet.

En effet…

… La cible de ce cambriolage est H&J Leather & Firearms, un armurier.

… Le magasin est rempli de clients, presque tous détenteurs d'un permis de port d'arme dans les endroits publics.

… Pour entrer dans le magasin, il a dû contourner une voiture de police non banalisée garée devant la porte d'entrée.

… Et enfin, un policier en uniforme est accoudé près du comptoir, buvant un café avant d'aller prendre son service.

En entrant, le voleur potentiel annonce un hold-up, puis tire quelques coups de feu. Le policier et un employé répliquent rapidement, supprimant du même coup de magnifiques gênes de crétin du patrimoine commun.

 

. Allemagne, 1998. Werner est gardien de zoo. Depuis quelque temps, l'éléphant du parc est malade. Constipation. Pour soulager rapidement la bête, Werner lui administre une bonne vingtaine de laxatifs. Jusque là, rien à dire. Mais alors, qu’est-ce qui cause la perte du malheureux Werner ? En attendant que le médicament fasse effet, il n'aurait pas du stationner derrière l’animal. En effet, sans signe avant-coureur, le purgatif accomplit son oeuvre. Dans un premier temps, une nuée de gaz nauséabonds et empoisonnés étourdit Werner et le cloue au sol. Puis les intestins du pachyderme libèrent soudain 120 kilos de matière fécale attendant là depuis une semaine, qui se déversent sur le brave gardien. Qui trépasse.

 

. Long Beach, Californie. Larry Walters a 33 ans. Il est chauffeur-routier. Depuis toujours, il rêve de voler. Ce 3 juillet 1982, Larry achète 45 ballons météo, les gonfle à l’hélium, puis les attache solidement à sa chaise de jardin en aluminium, qu’il a pris soin de fixer fermement à sa voiture. Il se munit d’un émetteur CiBi ainsi que d’un fusil à air comprimé qui lui permettra de faire éclater des ballons pour redescendre sur terre. Il s’amarre solidement à sa chaise de jardin puis demande aux amis réunis pour la circonstance de couper la corde. Mais au lieu de planer comme prévu à quelques dizaines de mètres au-dessus de sa maison, Larry part comme un boulet de canon jusqu’à plus de 4000m d’altitude. Là, terrorisé, manquant d’oxygène, transi de froid, il ne peut que lancer des SOS dans sa CiBi. Déporté par le vent vers les couloirs aériens de Los Angeles, il croise deux avions de la TWA puis de Delta Airlines. On imagine la tête des contrôleurs aériens entendant un pilote déclarer qu’il vient de croiser un homme armé, assis dans une chaise de jardin, à plus de 16 000 pieds d’altitude ! Le vent pousse gentiment notre  héros vers la mer. Ses appels ayant été entendus, et les pilotes ayant finalement été crus, un hélicoptère décolle pour tenter d’aider Larry. En vain. Après plusieurs heures d’errance, Larry ose enfin utiliser son fusil et commence à crever les ballons qui le soutiennent. Il redescend mais trouve le moyen de s’emberlificoter dans des lignes à haute tension, créant une coupure de courant locale, heureusement sans dommage pour lui. Constatant que son siège est finalement stabilisé à quelques mètres du sol, il saute pour se retrouver sans aucune égratignure sur le plancher des vaches.

Larry sort miraculeusement indemne de son voyage et ne récolte qu’une amende de 1500$ pour vol sans licence de pilote. Lorsque les policiers l’interrogent sur ses motivations, Larry ne peut que répondre "On ne peut pas rester comme ça les mains dans les poches toute la journée..."

 

. Janvier 2003, en Virginie. Paul Powell n'est pas encore sorti du patrimoine génétique commun, mais il le sera bientôt, grâce à ses propres efforts. Paul est soupçonné, accusé, puis jugé et condamné pour le viol suivi du meurtre d’une jeune fille de 16 ans. Il se trouve que peu après, la cour d’appel casse ce premier jugement. Paul est libre. Libre mais totalement débile. Se basant sur l’axiome qu’on ne peut pas être jugé deux fois pour le même crime, Paul fait le malin. Afin de montrer à tous à quel point il est finaud et à quel point la police ainsi que la justice américaine sont composées d’idiots, il écrit au procureur une lettre de confession exposant tous les détails concernant son crime. Mauvaise pioche. En effet, le jugement en appel portait sur le manque de preuves, laissant ouverte la possibilité d’un autre procès dès lors que d’autres preuves apparaîtraient. Preuves qui arrivèrent sur un plateau d’argent, grâce à l’obligeance du meurtrier. Qui attend maintenant son exécution.

 

. Le célèbre jeu de la roulette russe est un auxiliaire précieux de la sélection darwinienne. Rashaad a 19 ans et vit au Texas. Pour impressionner ses copains il prend son arme, retire toutes les balles sauf une, presse le canon contre sa tempe et tire. Au paradis des abrutis, quelqu’un lui explique peut-être en ce moment la différence fondamentale (surtout pour la roulette russe) entre un revolver à barillet et un pistolet automatique…

 

. Pour finir, ma préférée. Nous sommes le 3 mars 2002, à Sheffield, Angleterre. Kim Fontana a 32 ans, Paul Crowley 40. Ils sortent du pub, certainement un peu éméchés, indubitablement très émoustillés, et sans nul doute impatients. A peine arrivés dans la rue, ils commencent à s’embrasser et à se caresser mutuellement. La tension monte, le désir s’accroît. Ils constatent alors que l’ampoule d’un des lampadaires de la rue est grillée, créant une zone obscure. Dès lors, plutôt que d’opter pour ce que vous ou moi aurions logiquement choisi, à savoir utiliser une poubelle bien stable ou une porte cochère accueillante, nos deux bêtes de sexe s’installent au milieu de la rue, là ou l’îlot de noirceur est le plus dense. Ils se couchent sur la ligne blanche, puis commencent à se déshabiller. Passe un piéton qui les prévient du caractère dangereux de leur entreprise. Paul l’envoie balader. Puis, une voiture les évite de justesse. Le chauffeur les klaxonne vigoureusement. Sans résultat. Un bus parvient également à les éviter. Tout ceci ne trouble pas nos tourtereaux. Paul a baissé son pantalon, il a relevé la jupe et le pull de Kim. Arrive alors un deuxième bus conduit par un chauffeur aux réflexes un peu moins vifs que le précédent... Les six mois de retrait de permis dont le chauffeur de ce deuxième bus a écopé sont finalement cher payé pour avoir définitivement supprimé du patrimoine génétique un couple de crétins s’apprêtant à se reproduire. La sélection darwinienne a été ce jour-là au mieux de sa forme…

 

Mes amis, je vous sais raffinés et délicats. Je vous ai donc épargné les ahurissantes trouvailles de ces abrutis authentiques dans le domaine de l'utilisation joyeuse et inventive de nos divers orifices corporels. Sachez seulement qu'on ne s'introduit pas impunément dans les trous mis à notre disposition par la nature, des animaux vivants ou des feux d'artifices allumés

 

L’expérience nous apprend, souvent à nos dépens, que nous devons nous méfier de deux catégories d’individus potentiellement dangereux. Les salauds et les crétins. Lorsque nous avons la chance de repérer de loin un salaud malfaisant, nous pouvons prendre les précautions d’usage. Mais nous sommes souvent moins vigilants avec les crétins. Ce faisant, nous avons tort. Un salaud se repose, de temps en temps. Il dort, il prend des vacances. Il lui arrive de faire des pauses, voire même, je l’ai vu, d’accomplir par inadvertance des actes positifs. Mais l’abruti King Size, le crétin XXL et le con intégral, eux ne se reposent jamais. Leur cervelle dérangée imagine en permanence pouvoir plier les lois de la nature ou celles des hommes à leurs ahurissants fantasmes, et s’ils ont l’air tranquille, c’est qu’ils concoctent une prochaine nouillerie. Nouillerie dans laquelle nous pouvons, vous comme moi, être impliqués. Soyons donc toujours sur nos gardes afin de repérer assez vite l’imbécile intrépide et de pouvoir dire comme Jules Renard « …il parlait peu mais on voyait bien qu’il pensait des bêtises ».

 

Rappelons-nous enfin cette phrase d’Einstein « Il y a deux choses infinies : la stupidité de l'homme et l'univers,… mais je ne suis pas sûr pour la deuxième »

 

accueil  ]

accueil  ]